Est-ce difficile d’apprendre l’anglais ?
L’anglais a la réputation d’être facile au début et difficile à prononcer, et les deux sont vrais. Voici ce que le français te donne presque gratuitement, ce qui est vraiment difficile et comment t’y prendre.
La réponse courte
Si tu parles français, l’anglais fait partie des langues les plus faciles pour débuter. Sa grammaire de base est simple : les noms n’ont pas de genre, les adjectifs ne s’accordent pas et les verbes se conjuguent à peine. Des milliers de mots ressemblent à des mots français, parce que l’anglais en a emprunté énormément au français.
La difficulté vient d’ailleurs. L’anglais ne s’écrit pas comme il se prononce, il a des sons qui n’existent pas en français et il est plein d’expressions qu’on ne peut pas deviner mot à mot. Tu peux lire pas mal de choses très tôt et avoir encore du mal à comprendre quelqu’un qui parle vite.
Ce que le français te donne presque gratuitement
L’anglais est une langue germanique, comme l’allemand et le néerlandais. Mais après la conquête normande de 1066, le français a été pendant des siècles la langue de la cour et de l’administration en Angleterre, et l’anglais a aussi beaucoup puisé dans le latin. Résultat : une bonne partie de son vocabulaire te dit déjà quelque chose.
- Des mots que tu comprends dès le premier jour. Table, question, restaurant, important, village et message s’écrivent de la même façon dans les deux langues.
- Des terminaisons qui se correspondent. Les mots en ‑tion restent souvent identiques : nation, information, attention. La terminaison ‑té devient souvent ‑ty : university, liberty, activity. Et ‑eux devient souvent ‑ous : famous, delicious, nervous.
- Une grammaire avec moins de formes. The sert pour le, la et les. Red veut dire rouge et rouges. Un verbe régulier n’a que quatre formes : talk, talks, talked et talking.
Ce qui est vraiment difficile
En anglais, le plus dur, c’est la prononciation et l’orthographe, puis les petits mots qui changent le sens d’une phrase.
- Ça ne s’écrit pas comme ça se prononce. Le groupe ough se prononce différemment dans though, through et tough.
- Les voyelles. L’anglais distingue des voyelles courtes et longues que l’oreille française confond facilement, et la différence change le sens : ship (bateau) et sheep (mouton), live (vivre) et leave (partir).
- Le th et le h. Les sons du th de think et de this n’existent pas en français, d’où les « sink » et les « zis » qu’on entend souvent. Et le h se prononce, avec un souffle : hair (cheveux) n’est pas air, et heat (chaleur) n’est pas eat (manger).
- Les phrasal verbs. Un verbe suivi d’une petite particule devient un autre mot : give up (abandonner), look after (s’occuper de), get up (se lever). Ils sont très courants et se devinent rarement.
La grammaire a aussi ses pièges. Le passé composé ne se traduit pas toujours par le present perfect : on dit I saw him yesterday, pas I have seen him yesterday. « J’habite ici depuis 2020 » devient I have lived here since 2020, pas I live here since 2020. Les questions et les négations prennent do : Do you like it? et I don’t know.
Attention enfin aux faux amis :
- Actually veut dire « en fait », pas « actuellement », qui se dit currently.
- Library est une bibliothèque, pas une librairie, qui se dit bookshop ou bookstore.
- Sensible veut dire raisonnable ou sensé, pas sensible, qui se dit sensitive.
Combien de gens le parlent, et combien de temps il faut
D’après la liste 2026 d’Ethnologue, plus de 1,4 milliard de personnes utilisent l’anglais comme première ou deuxième langue, plus que toute autre langue au monde. La plupart l’ont appris comme deuxième langue : moins de 400 millions l’ont pour langue maternelle. Pour comparer, la même liste compte plus de 333 millions de personnes qui utilisent le français, langue maternelle et deuxième langue réunies.
Le département d’État des États-Unis, dont l’école de langues est connue sous le nom de Foreign Service Institute (FSI), publie le temps qu’il faut habituellement à son personnel pour apprendre chaque langue. Mais il mesure le chemin inverse, celui de quelqu’un qui parle anglais. Pour cette personne, le français est dans la catégorie I, celle des langues les plus proches de l’anglais, avec 30 semaines, soit 690 heures de cours. C’est le temps qu’il faut en général pour atteindre le niveau 3 à l’oral, en expression et en compréhension, sur l’échelle ILR du gouvernement américain, avec 23 heures de cours par semaine et 17 heures de travail personnel.
Pour aller du français vers l’anglais, il n’existe pas de chiffre officiel. Les mots en commun sont les mêmes dans les deux sens, mais pas les difficultés : un anglophone bute sur les verbes et le genre des noms français, toi sur la prononciation et l’orthographe de l’anglais. Un cours au collège ou au lycée avance beaucoup plus lentement, alors prends ce chiffre seulement comme un repère.
Comment commencer
- Apprends chaque mot à l’écrit et à l’oral. Comme l’orthographe ne te dit pas comment un mot se prononce, écoute chaque mot nouveau.
- Commence par les verbes les plus courants. Be (être), have (avoir), do (faire) et go (aller) sont irréguliers et reviennent dans presque toutes les phrases. Apprends-les d’abord au présent et au prétérit : go, went.
- Passe à la VO. Regarde tes séries en version originale, avec les sous-titres en anglais : ça entraîne l’oreille et ça t’apprend les mots tels qu’on les dit vraiment.
Ce qui compte le plus, c’est ta façon de réviser, pas la langue. Pour en savoir plus, lis Les bases pour apprendre une langue.
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